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Louise Boiron

née le 16 mai 1924
dimanche 7 novembre 2004.

Louise Boiron est née dans l’appartement de grand mère au 17 rue de Tardy. Dès son plus jeune âge, elle était une enfant très mature ; une véritable petite bonne femme, d’ailleurs elle a concocté son premier plat de riz à 6 ans. Tous les jours, elle allait chercher de l’eau car il n’y avait pas d’eau sur les leviers, il fallait qu’elle remplisse deux grandes cruches avant que sa mère revienne du travail, et pour cela, elle faisait 9 voyages. Anciennement à proximité de la place de Tardy se trouvait le fameux vélodrome ; on y faisait les 8 jours du vélodrome ; mais également, endroit où l’on parquait des gens venant de l’Est avec des chaînes et des cordes. Ces gens n’avaient rien d’autres qu’une seule valise, pas de familles, ils étaient faméliques. Alors tous les dimanche, Le père lui demandait d’aller chercher un enfant pour partager leur repas. Louise ne comprenait pas que dans un pays civilisé l’être humain pouvait traiter son ego de la sorte : « j’avais l’impression que l’on parquait des animaux ». Son père lui disait pour conforter ses peines : « mon enfant il faut croire en dieu mais pas en la religion de l’homme ».
A 13 ans, déchirée par la séparation de ses parents, Louise devait faire un choix douloureux entre son père et sa mère. Sa mère ne s’inquiétait pas car quoi qu’il adviendrait, Louise lui avait fait la promesse de la suivre. Une fois que sa mère ait quitté définitivement le nid familial, Louise est finalement restée avec son père. Sa mère s’est sentie lâchement trahie, et lui a longtemps reproche. Louise raconte que son choix, elle l’avait mûrement réfléchi, et que de toute manière elle ne pouvait suivre sa mère pour deux raisons. D’une part, son père avait besoin d’elle, « j’étais pour lui sa petite fée du logis », d’autre part, dans l’appartement de mère, les chiens étaient formellement interdits. « Ma chienne s’appelait Mascotte, pour rien au monde je ne l’aurai abandonnée ». Lorsque la guerre fut déclarée, la misère frappa à leur porte, contrainte et forcée Louise a dû se séparer de sa chienne. Ils n’avaient rien à lui donner à manger. Louise, honteuse de ses actes, n’a jamais demandé de nouvelles de Mascotte à l’épicier qui l’adopta.
Sa mère s’est remariée, et elle a eu 2 autres enfants dont une fille et un garçon.

Louise s’est mariée à l’âge de 17 ans. Sa robe de mariée restera à jamais gravée dans sa mémoire. A l’époque, elle n’avait pas les moyens de payer la robe blanche, et il a fallu emprunter l’argent à la tante. La tante lui a fait rembourser jusqu’au dernier sou : « elle aurait pu me l’offrir j’étais son unique nièce ». A 20 ans, elle a eu son premier enfant ; une fille.
A 21 ans, elle était serveuse dans la fromagerie de son beau père se trouvant au 13 rue de Tardy.
Aujourd’hui, Louise a 80 ans et le sourire elle ne l’a pas perdu. Bombardement en prose-poème écrit par Louise.

Remerciements à Mme Louise Boiron pour nous avoir accueilli chaleureusement et nous avoir livrer sa mémoire avec sincérité.

 

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