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Tardy l’école de mon quartier

Le bombardement en prose
mercredi 20 octobre 2004.

En ce bas de colline
Quatre chèvres y paissaient,
Et quand venait le soir,
L’allumeur de reverbères
Passait ! Les chèvres rentraient.

Que ce pré était bon,
Seule aire de leurs ébats.
Repos de leur berger !
Lui, s’étendant dans l’herbe,
Pour oreiller, ses bras.

Belle était mon école
Qui poussa sur ce mont.
La plus belle à l’époque !
Un côté pour les filles
L’autre pour les garçons.

S’ensuit la maternelle,
Royaume des tous petits,
Si à l’angle d’en face,
Le réverbère n’est plus !
Ici, se forgent des vies...

Des ans, des ans passèrent
Une époque sereine
Où l’on courait encore,
Tout au milieu des rues
Sans regard triste, ni haine !

Où le soir dans l’air pur
Fleurait bon le surceau !
Et sur le pas des portes
Discutaient les voisins,
dans les jours les plus beaux.

Et puis ce « jour de guerre »
par un ciel bleu de mai ;
Brillèrent des ventres d’acier
D’escadrilles infernales...
Que de bombes elles lâchaient !!!...

En visant le tunnel
Les voies du chemin de fer
Par une erreur fatale
Elles foncèrent sur l’école
Dans un bruit sourd, « d’enfer »

Que de vies y fûrent prises
De maîtres et d’enfants
Que de cris de douleurs ?
Que de trous dans le coeur ?
D’empreintes dans le temps !...

Un demi siècle passé
N’avivons pas les peines !
Mais à vous de connaître,
Le sol de vos pas
Quand leurs traces s’enchaînent.

Pensons aux lendemains !!!
Que cette cour d’enfants Ne plus jamais connaître ?
Ce que furent ces temps...

« En terre de Saint Etienne »
Mon école fût blesée
Sur ce flanc de colline !
Je viens vous parler d’elle ;
Pour ne pas oublier...

Très amicalement Louise Boiron
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