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Pour Aziz, en solidarité à sa famille.

Une marche silencieuse et c’est tout un quartier qui s’exprime.
lundi 12 juin 2006.

Les photos de la marche

Pour Aziz et en solidarité à sa famille, six cent personnes ont marché samedi 3 juin, contre la violence, pour le respect de la vie et la fraternité. Ce qui s’est déroulé est assez exceptionnel. Toute la diversité d’un quartier rassemblée pour réaliser un acte extrêmement fort de dignité, de solidarité, de refus de la violence. Beaucoup, beaucoup de jeunes du quartier de Beaubrun-Tarentaize-Séverine, des mères de familles venues avec leurs enfants, des enseignants, des travailleurs sociaux, des bénévoles d’associations, des salariés de la bibliothèque...étaient là. Des jeunes d’autres quartiers de la ville étaient également présents, et aussi des habitants de la Romière. Un évènement qui marquera et qui va compter.

Cette marche a été voulue et préparée par les jeunes du quartier. Ils y ont réfléchi, ils ont discuté de sa signification, se sont organisés, ont pris de multiples initiatives, et ils ont réussi à construire un évènement d’une ampleur qui a surpris et touché tout le monde. Contrairement à ce qui est habituellement véhiculé, ils ont démontrés à tous qu’ils savaient s’organiser, se rassembler pour exprimer leur solidarité, faire entendre leurs aspirations, défendre des valeurs, faire preuve de responsabilité et de maturité pour lancer un message aux jeunes de leur quartier et de la ville.

L’absence de policiers pour sécuriser le parcours du cortège, qui a emprunté le Bd Urbain et des rues à la circulation automobile chargée, a choqué. Une marque de mépris supplémentaire pour beaucoup. Pourtant la préfecture, comme le commissariat central avaient été informés de l’itinéraire. Pourquoi cette absence de sécurisation ? Des responsables de la police disent ne pas avoir voulu que la présence de policiers crée des incidents ! Une tentative d’explication qui en dit long sur les conceptions et le comportement des policiers vis-à-vis des jeunes du quartier.

Une marche qui disait la douleur d’une famille [1] et de tout un quartier solidaire, l’hommage à Aziz, un copain, un ami, assassiné pour une simple querelle entre jeunes, la volonté de rétablir la vérité sur sa mémoire. Des jeunes et des parents qui ont voulu montrer leur rejet de la violence. S’ils la subissent, elle ne fait pas partie de leurs valeurs. La vie de chacun, leurs vies doivent être respectées. L’assassinat d’Aziz a créé un profond traumatisme. Elle a été ressentie comme une injustice totale et a suscité une prise de conscience. Il n’est plus possible qu’une simple querelle entre jeune débouche sur un meurtre. Un tel dérapage ne doit pas se reproduire. Loin de crier vengeance, ils ont dit stop. Ce sont d’autres relations humaines, d’autres valeurs qui doivent prévaloir, basées sur le respect de la dignité de chacun, mais aussi sur la justice, l’égalité de traitement, le refus des humiliations d’où quelles viennent. Nous voulons être traité autrement, c’est aussi cela, qu’ont exprimé les jeunes et les familles. Nous ne correspondons pas à l’image qui nous est bien souvent collée. Nous ne voulons plus être stigmatisés, que notre quartier soit assimilé à la délinquance, à la violence. Nous aspirons à être traité avec respect et dignité.

C’est tout cela que les habitants de Beaubrun sont venus dire avec beaucoup de force, pour que ce soit entendu par tous. L’ampleur et la puissance de la marche, occupant toute la largeur du boulevard urbain et de la grande rue, une bonne partie des marches et du parvis de l’hôtel de ville, a surpris et impressionné. Beaucoup d’énergie et de dynamisme pour s’opposer aux dérives et construire d’autres réalités.

Quelque chose d’important s’est passé qui aura des conséquences et des suites.

Karima Sayad, Rachid Oulmi, Georges Günther

[1] Jusqu’à présent la famille n’a reçu aucun message de condoléance ni du maire, ni des principaux élus de la ville et du quartier


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