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Échec scolaire, échec de la société ?

mardi 18 avril 2006.

Lorsque j’observe les enfants dans la structure qui m’emploie (périscolaire), et particulièrement ceux qui sont en échec scolaire, lorsque j’essaye de leurs faire comprendre qu’il est nécessaire de "bien faire" leurs devoirs, ils ne se laissent pas convaincre. Peut-être sentent-ils que le système scolaire leurs demande des efforts qui ne vont pas forcément dans le sens de leur épanouïssement, que faire des efforts pour être un futur "bon citoyen" leur est dicté par un système qui ne contribue pas au bonheur de leurs aînés.
Ainsi l’échec scolaire serait l’échec de la société.

Comme élément de réponse, je choisis ici d’exprimer un point de vue sur "l’entreprise", qui est bien souvent au centre de nos vies, et qui est l’acteur des grands changements de notre environnement depuis les révolutions industrielles.

Si nous analysons le comportement des grandes entreprises avec la même grille d’analyse psychologique que pour le comportement humain, nous nous rendons compte que les entreprises ont un comportement de psychopathe. En effet, elles sont incapables de garder des relations durables, de respecter les lois de leurs environnement, elles sont insensibles aux souffrances qu’elles engendrent, et elles ne peuvent prendre conscience de leurs responsabilités. Leur but est de faire un maximum de profit (aux dépends de tous, via les "externalités"), avec les droits d’une personne morale, et comme principal devoir ; satisfaire les actionnaires. Bien sûr elles produisent biens et services, souvent pour améliorer notre vie. Cependant les contraintes de la loi du marché, de l’environnement économique agréssif, et leur principal objectif étant de tirer un maximum de profit (quitte à piller les ressources naturelles et humaines) ne conduit pas ces entreprises au respect des libertés individuelles et à favoriser l’épanouïssement de chacun.

Ainsi la question se pose : que fait le pouvoir politique afin de maîtriser cet état de fait ? Il me semble que le "non" à l’Europe (économique) exprime un non franc à l’avancée de ce monstre, alors que l’europe des cultures ne demande qu’à s’épanouïr.

Je me demande aussi pourquoi il n’y a pas de débat autour des responsabilités des entreprises alors qu’elles ont une place prépondérante dans nos vies, et y exercent une grande influence (culture de la société de consomation, médias, publicités, voire même manipulations). À tel point que je me dis que le pouvoir politique n’est qu’une masquarade face au pouvoir exercé par ces grandes entreprises.

Il me semble que ce problème de société est directement lié à l’échec scolaire des enfants, car l’environnement offert par notre système actuel ne me semble pas une invitation à s’épanouïr, mais au contraire à faire le deuil d’une part de notre humanité (relire "le petit prince").

Inspiré par le documentaire : "The Corporation", de JENNIFER ABBOTT.

 

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